• La Bête à Alger

     

    Encore une fois on nous atteint dans notre chair. Encore une fois, on paralyse notre mouvement. Encore une fois, on nous fait ployer sous le poids de l'incertitude. Encore une fois, on nous assassine. Encore une fois, on condamne « unanimement » ces attentats. Et alors ? Et la suite ?

    Cette paralysie nous prend comme une bête rampante, pestilentielle et sordide. Et nous sommes là, bêtes, impuissants, rompus et écoutant avec dégoût des pantins ridicules qui s'exercent les neurones à comptabiliser les morts.

    Oui, la colère est muette mais le silence est cri. Alger hurle. Des loups, des meutes de chiens et des lycanthropes sillonnent « l'Imprenable ». Une odeur de sang nous donne la nausée et nous croyons voir, derrière un voile sombre, des enfants ouvrir les yeux sur le chaos. Les survivants rasent les murs de « l'imprenable ». Dans leurs yeux hagards, il y a de l'eau. Leurs mains sont employées à colmater les fissures dans les remparts de la Cité. Intérieurement, ils continuent de chanter des demains ensoleillés, de faire vivre des mots éthérés, des noms oubliés.

    Deux attentats à la voiture piégée, dont un avec kamikaze à bord, ont fait au moins 52 morts mardi 11 décembre dans les hauteurs d'Alger (Ben Aknoun et Hydra). Le 11 avril dernier, deux voitures piégées avaient explosé, l'une visant le Palais du gouvernement, en centre-ville, l'autre contre un commissariat de la banlieue est Alger faisant 30 morts et plus de 200 blessés.


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